Le canon israélien de 60 mm – Revue Internationale de Stratégie et Défense numéro 34 d’août 1984

Armées - Armements - Défense - Sécurité

Le canon israélien de 60 mm

 

Maître reconnu désormais par des années de guerre avec des engins blindés, l’armée israélienne (TSAHAL) n’a jamais, comme l’on sait, attribué une importance particulière à l’attribution et à l’emploi sur le champ de bataille de systèmes de missiles antichars, en leur préférant des armes à énergie cinétique, et surtout les canons de leurs propres blindés, contre les blindés arabes. Même l’utilisation des dangereux missiles BGM-71A TOW, de provenance US, pendant la guerre du Kippour d’Octobre 1973 eut lieu seulement dans la phase finale du conflit, alors qu’auparavant Israël avait à plusieurs reprises refusé l’acquisition de ces armes filoguidées à charge creuse. Pour avoir au moins en partie révisé son peu de confiance dans les missiles, l’état-major de Jérusalem a continué à insister sur l’importance fondamentale des canons antichars, et cette philosophie se reflète dans le premier canon pour véhicule blindé développé en Israël, le système d’arme 60 mm Hyper Velocity Medium Support (HVMS). Conçu en 1979, pour équiper l’infanterie d’armes adéquates contre un ennemi possible (chars, positions fortifiées, VTT, hélicoptères, …) sans recourir aux coûteux chars d’assaut, l’HVMS d’Israël Military Industries (IMI) est un canon léger automatique à munitions à hyper vélocité de 60 mm, dont les projectiles à énergie cinétique peuvent pénétrer les blindages les plus modernes à des distances relativement considérables, ou, dans le cas de munitions hautement explosives, provoquer de sérieux dégâts sur des objectifs moins « durs ». L’arme a été conçue pour être installée sur des blindés légers, pour des opérations aéroportées (version sur affût monté sur roues). Le canon est doté d’un tube à haute résistance avec un bloc de culasse vertical contenant le dispositif électrique de décharge. La précision du tir est obtenue grâce à la longueur du tube. Le mécanisme hydraulique de recul, installé concentriquement autour du fourreau du tube, permet un changement rapide de ce dernier sur le terrain. La version à tourelle est conçue pour être installée au centre du véhicule et est opérée par deux hommes, le chef de char et le canonnier. Le diamètre interne de la tourelle est de 1.5 m et son poids d’environ 2000 Kg. Pour obtenir un haut volume de tir automatique ou semi-automatique, deux systèmes de chargement sont actuellement en cours de développement, tous deux basés sur la force de recul. Le plus petit comprend deux chargeurs de trois coups chacun situés sur la pièce alors que le plus grand comprend quatre chargeurs de sept coups installés dans la tourelle et peut tirer quatre types de munitions. Les deux systèmes permettent le tir semi-automatique ou des rafales de trois coups, selon la position du sélecteur de tir. Le rythme de tir est d’environ 100 coups/minute ou des rafales de trois coups toutes les 1.5 secondes. La munition standard est représentée par des projectiles APFSDS-T d’une vitesse initiale de 1620 m/s (l’obus sous-calibré pèse 0.87 Kg) et capable de perforer une cible simple OTAN à 2000 m. Une munition HE de 2.9 Kg est en cours de développement. Comme on voit, la priorité a été donnée encore une fois à la munition antichar, une autre preuve de la confiance des concepteurs et des militaires israéliens pour les projectiles à énergie cinétique pour le combat antichar en terrain découvert.

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